24 janvier 2020 : "Whiplash"

Salle Brémontier à Arès, 20h30

Whiplash, un film coup de poing

Avec Whiplash, troisième film projeté par le Ciné-Club du Bassin dans le cadre de sa première saison le vendredi 24 janvier, c’est à une immersion saisissante dans l’univers du jazz et du sadisme que nous invite Damien Chazelle, réalisateur de cette œuvre couronnée par de nombreuses récompenses.

 

Le réalisateur.  Lors de la sortie de "Whiplash" en 2014, Damien Chazelle était encore peu connu du grand public. Rien de surprenant car à cette époque, ce réalisateur et scénariste franco-américain de 29 ans n’avait signé, après sa sortie de l’université d’Harvard où il avait étudié le cinéma, qu’un seul long métrage, Guy and Madeline on a Park Bench, sorti en 2009. Tourné en noir et blanc, ce premier opus sur fond de jazz – dont les dialogues sont presque entièrement chantés à l’image des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy dont Chazelle est un admirateur inconditionnel – rencontre un beau succès dans les rares festivals où il passe. Vient ensuite, après l’écriture de plusieurs scénarios, "Whiplash, un court-métrage consacré à l’histoire d’un jeune batteur de jazz qui rêve de devenir le meilleur de sa génération. Un univers que Chazelle connaît bien puisqu’il s’est essayé lui-même à la batterie pendant de nombreuses années avant de comprendre qu’il ne serait jamais un grand batteur de jazz et d’abandonner cette voie. Ce premier "Whiplash", brouillon brillant du long métrage qu’il réalisera en 2014, est présenté au Festival de Sundance où il séduit les spectateurs et les professionnels, ce qui lui permettra d’obtenir les financements pour un "Whiplash" en version longue.

Récompensé aux festival de Sundance et Deauville, acclamé à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2015, puis couronné par trois Oscars en 2015 dont celui de meilleur second rôle pour J. K. Simmons pour sa délirante interprétation d’un professeur de batterie naviguant entre exigence et folie, "Whiplash" va lancer Chazelle dans la galaxie cinématographique. La consécration définitive arrivera en 2016 avec la prodigieuse comédie musicale "La La Land" qui remportera pas moins de sept trophées aux Golden Globes, cinq aux British Academy Film Awards et six aux Oscars ! Viendra ensuite en 2018 un autre succès mondial avec First Man : le premier homme sur la Lune, Grand Prix du jury de La Mostra de Venise et Oscar des meilleurs effets visuels.

Depuis la sortie de ces deux films, Damien Chazelle travaille sur des projets avec Netflix pour une série TV musicale intitulée The Eddy consacrée à l’histoire d’un club de jazz parisien en faillite (sortie prévue courant 2020), et pour un film, "Babylon", dont l’action se situera à l’âge d’or hollywoodien.

 

Le film. «  J’ai pris des cours de batterie dans un orchestre de jazz avec un prof très dur. Sans cette expérience, je n'aurais jamais eu l'idée de faire ce film. Le cinéma doit être personnel, mais pas forcément autobiographique. » C’est en ces termes que Damien Chazelle explique la genèse de son film dans une interview à Télérama.

Réalisé en 19 jours à raison de 14 heures par jour, ce tournage (au cours duquel Chazelle a été victime d’un grave accident de voiture lors de la troisième semaine, mais a repris le travail dès le lendemain !) a été très « physique » et a souvent conduit l’acteur principal au bord de l’épuisement. La réalité dépassait ici souvent la fiction.

"Whiplash" raconte dans la fièvre et la fureur l’aventure d’une ambition : « Je ne pense pas qu'on naisse prodige mais la force de caractère fait qu'on le devient. Le génie de naissance est pour moi un mythe. On devient grand. Je voulais faire un film sur un musicien qui va devenir grand. C'est le processus qui m'intéressait. » souligne Damien Chazelle dans cette même interview.

Mais ce film d’une grande violence psychologique est aussi une œuvre sur une filiation contrariée entre les deux protagonistes, le plus jeune voyant dans le plus ancien malgré sa tyrannie un père de substitution ; "Whiplash" est enfin une l’histoire de la transmission douloureuse d’un art entre un maître et son élève.

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L’histoire

Andrew (Miles Teller), 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher (J. K. Simmons), professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… Alors qu'il pense l'avoir séduit, le professeur tyrannique le rabaisse et l'humilie en public. Fletcher ne cesse de souffler le chaud et le froid, partisan de la violence psychologique. Finalement expulsé du cours de Fletcher (qui quittera lui aussi le conservatoire après des accusations de harcèlement moral), Andrew réussira à le surprendre et à gagner une sorte de respect au cours d’un concert de la dernière chance après avoir réussi devant lui un solo de batterie d’anthologie.

La soirée. La projection de ce film d’une heure et quarante-cinq minutes, en version originale sous-titrée, aura lieu à la salle Brémontier à Arès le vendredi 24 janvier 2020 (entrée à partir de 19h30). Elle sera suivie d’un débat animé par le jazzman Laurent Bataille, batteur et professeur de batterie à Paris et Bordeaux qui a rencontré Damien Chazelle à deux reprises, notamment pour le magazine Batteur auquel il collabore. Attention : l’entrée est réservée aux seuls adhérents du ciné-club.

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