Devdas

Vendredi 19 décembre, Espace Brémontier à Arès

  De Sanjay Leela Bhansali  (2002, Inde) 3 h 02 (en vost fr).  A partir de 19 h 30. Avec un entracte 

Avec Shahrukh Khan, Aishwarya Rai

Inde, au début du XXe siècle. Paro (Aishwarya Rai) et  Devdas ( Aishwarya Rai) s'aiment depuis l'enfance, mais ce dernier a été envoyé à Londres pour étudier. Lorsqu'ils se retrouvent, ils pensent que toutes ces années n'ont été que parenthèse...

Du roman à l'écran. "Devdas", premier film issu des studios de Bollywood en sélection officielle au Festival de Cannes reste un  objet de curiosité pour le spectateur occidental. Adaptation d'un roman à succès de S.C. Chattopadhyay publié en 1917, il est  considéré comme le "Roméo et Juliette" indien,  sans doute l'un deslivres les  plus lus et régulièrement porté à l'écran depuis les années1920.

Triangle amoureux. L'histoire est éternelle, le drame mythique: l'amour le plus pur est contrarié par les différences sociales et l'emprise des castes. Paro et Devdas s'aiment mais appartiennent à des milieux différents; Ils ne peuvent s'unir. Paro est alors mariée à un riche veuf, tandis que Devdas sombre dans l'alcool et fréquente les maisons closes. Il rencontre Chandramukhi que, fidèle à Paro, il refuse d'aimer. 


La soirée

Romantisme à l'indienne. "Devdas" ne connait  pas le poids des années. Réalisée en 2002, la plus chère mais aussi la plus spectaculaire  de la vingtaine d'adaptations  réalisées  à ce jour d'après le roman éponyme écrit en 1917, n'a en rien  perdu de ses couleurs chatoyantes et de son décorum somptueux, ni de son charme et son efficacité.

Le film de Sanjay Leela Bhandali,  révélé  au Festival de Cannes 2002,  illustre la vivacité de la production cinématographique de l'Inde. "Devdas", cette grande fresque romantique,  ainsi que l'a souligné Amandine d'Azevedo, représente la matrice du cinéma populaire indien et "bollywoodien", au point d'être toujours projeté  aujourd'hui dans les salles de Bombay ou de Calcutta.

 La précision apportée à la photographie, aux lumières et aux décors, le travail esthétique au service de la dramatisation du récit, le jeu des acteurs-danseurs contribuent à  "toucher du doigt un langage codifié  typique du langage populaire indien" et pousser au plus fort "le curseur de l'émotion" ou de l'expression des sentiments.

Amandine d'Azevedo. Photos Jean-Louis Buresi
Amandine d'Azevedo. Photos Jean-Louis Buresi

Tourbillon.  Des codes cinématographiques auxquels le cinéphile français n'est pas coutumier, mais qui  emportent irrésistiblement le spectateur dans un tourbillon d'images au  fil des séquences chorégraphiques et musicales.  Si "Devdas" est d'abord cette  fresque romantique, à la vie à la mort,  il transparait d'autres éclairages plus subtils sur la société indienne, ses strates sociales, son  patriarcat dominant... A l'exemple du phénomène "Devdas", le cinéma doit être considéré comme "un liant de la Nation" éclaire encore Amandine d'Azevedo. Quelle que soit sa position sociale, chacun  voit la même chose, peut adorer  son acteur fétiche.  A preuve la force de la production cinématographique - " plus de 1 500 films réalisés annuellement" et l'affluence du public dans les salles obscures. L'identification  culturelle au cinéma indien s'est développée au point d'intégrer anecdotiquement dans le langage courant "Ne fais pas ton Devdas", aujourd'hui une expression usitée. Ici,  "Ne fais pas ton Delon" n'aura pas connu le même succès...

La révélation du cinéma populaire indien
La révélation du cinéma populaire indien

Bande annonce

Devdas aborde les plus beaux atours du genre, dans la pure tradition des grands spectacles chantés et dansés produits en grand quantité par les studios bollywoodiens.

 Flot de couleurs,  débauche de décors, palais... prisons dorés, chants et danses chorégraphiés, sentiments exacerbés... Plus qu'un film de curiosité, un véritable choc visuel et culturel.


Danse et romance entre Shahrukh Khan (Desdas) et Aishwarya Rai, ancienne Miss Monde
Danse et romance entre Shahrukh Khan (Desdas) et Aishwarya Rai, ancienne Miss Monde

Trois questions à...

 Amandine d'Azevedo spécialiste du cinéma indien, maîtresse de conférences en cinéma à l'université Paul-Valery de Montpellier
1. Publié en 1917, le roman "Devdas" a fait l'objet d'une vingtaine d'adaptations cinématographiques. Comment expliquer ce record de longévité Il y a toujours un Devdas quelque part en salle ! Ce récit - équivalent à notre Roméo et Juliette occidental - est populaire et les spectateurs aiment comparer les différentes adaptations. Le récit a parfois été modernisé, souvent modifié. La version de 2002, projetée au Ciné club du Bassin, a néanmoins un statut particulier : c'est la plus spectaculaire et éblouissante !
2. On associe volontiers le cinéma indien à Bollywood, mais qu'entend-t-on  par cinéma tamoul, bengali et télougou?
Bollywood est l'arbre qui cache la forêt ! L'Inde possède plusieurs centres de production de cinéma populaire, et Bollywood n'est qu'un seul d'entre eux. Chaque région indienne, déterminée par une langue, possède son industrie cinématographique que l'on désigne un peu rapidement ainsi : Kollywood (tamoul), Tollywood (télougou), etc. L'Inde est le plus gros producteur de films au monde, avec plus de 1500 productions annuelles : elles se répartissent sur l'immense territoire et dans les langues régionales. 
Question piège, où se situe l'industrie appelée Sandalwood ? Réponse le 19 décembre !
3. Comment qualifier le "star system" en Inde, dont Shahrukh Khan, l'acteur principal de "Devdas" est l'un des acteurs-phare?
Le star-system indien est un panthéon, et Shahrukh Khan l'une de ses principales divinités ! Les acteurs et actrices sont puissants en Inde, souvent plus connus que le réalisateur. Ils sont adorés à l'égal de dieux et déesses, et leur public est très fidèle. Immense star depuis 1995, Shahrukh Khan (on écrit souvent SRK), est l'un des plus importants, notamment dans le registre romantique. "Devdas" signe sa reconnaissance en Occident, lorsque le film passe au festival de Cannes. 

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