Avec Shahrukh Khan, Aishwarya Rai
Inde, au début du XXe siècle. Paro (Aishwarya Rai) et Devdas ( Aishwarya Rai) s'aiment depuis l'enfance, mais ce dernier a été envoyé à Londres pour étudier. Lorsqu'ils se retrouvent, ils pensent que toutes ces années n'ont été que parenthèse...
Du roman à l'écran. "Devdas", premier film issu des studios de Bollywood en sélection officielle au Festival de Cannes reste un objet de curiosité pour le spectateur occidental. Adaptation d'un roman à succès de S.C. Chattopadhyay publié en 1917, il est considéré comme le "Roméo et Juliette" indien, sans doute l'un deslivres les plus lus et régulièrement porté à l'écran depuis les années1920.
Triangle amoureux. L'histoire est éternelle, le drame mythique: l'amour le plus pur est contrarié par les différences sociales et l'emprise des castes. Paro et Devdas s'aiment mais appartiennent à des milieux différents; Ils ne peuvent s'unir. Paro est alors mariée à un riche veuf, tandis que Devdas sombre dans l'alcool et fréquente les maisons closes. Il rencontre Chandramukhi que, fidèle à Paro, il refuse d'aimer.
Romantisme à l'indienne. "Devdas" ne connait pas le poids des années. Réalisée en 2002, la plus chère mais aussi la plus spectaculaire de la vingtaine d'adaptations réalisées à ce jour d'après le roman éponyme écrit en 1917, n'a en rien perdu de ses couleurs chatoyantes et de son décorum somptueux, ni de son charme et son efficacité.
Le film de Sanjay Leela Bhandali, révélé au Festival de Cannes 2002, illustre la vivacité de la production cinématographique de l'Inde. "Devdas", cette grande fresque romantique, ainsi que l'a souligné Amandine d'Azevedo, représente la matrice du cinéma populaire indien et "bollywoodien", au point d'être toujours projeté aujourd'hui dans les salles de Bombay ou de Calcutta.
La précision apportée à la photographie, aux lumières et aux décors, le travail esthétique au service de la dramatisation du récit, le jeu des acteurs-danseurs contribuent à "toucher du doigt un langage codifié typique du langage populaire indien" et pousser au plus fort "le curseur de l'émotion" ou de l'expression des sentiments.

Tourbillon. Des codes cinématographiques auxquels le cinéphile français n'est pas coutumier, mais qui emportent irrésistiblement le spectateur dans un tourbillon d'images au fil des séquences chorégraphiques et musicales. Si "Devdas" est d'abord cette fresque romantique, à la vie à la mort, il transparait d'autres éclairages plus subtils sur la société indienne, ses strates sociales, son patriarcat dominant... A l'exemple du phénomène "Devdas", le cinéma doit être considéré comme "un liant de la Nation" éclaire encore Amandine d'Azevedo. Quelle que soit sa position sociale, chacun voit la même chose, peut adorer son acteur fétiche. A preuve la force de la production cinématographique - " plus de 1 500 films réalisés annuellement" et l'affluence du public dans les salles obscures. L'identification culturelle au cinéma indien s'est développée au point d'intégrer anecdotiquement dans le langage courant "Ne fais pas ton Devdas", aujourd'hui une expression usitée. Ici, "Ne fais pas ton Delon" n'aura pas connu le même succès...

Devdas aborde les plus beaux atours du genre, dans la pure tradition des grands spectacles chantés et dansés produits en grand quantité par les studios bollywoodiens.
Flot de couleurs, débauche de décors, palais... prisons dorés, chants et danses chorégraphiés, sentiments exacerbés... Plus qu'un film de curiosité, un véritable choc visuel et culturel.
